Cheveux : gérer la colère

Salut Salut ! Voici plus d’une semaine maintenant que je suis revenue de Thaïlande. Il est donc temps de vous dire comment ces vacances se sont déroulées… Capillairement parlant. Avant chaque séjour à l’étranger, je me pose cette question : comment ça va se passer avec mes cheveux ? Je vous avais déjà parlé de ce petit travail inconscient qui me permet de me tenir prête en cas de regards appuyés, de réflexions, de questions déplacées ou de doigts pointés vers moi en raison de mes cheveux. Avant ce séjour en Asie, j’ai fait ce petit travail.

J’avoue que j’appréhendais mon voyage en Thaïlande. En août 2017, j’ai passé deux semaines au Sri Lanka, et mes cheveux ont déclenché pas mal de réactions. Il y avait des gens qui me fixaient longuement de façon ostentatoire, d’autres qui riaient sur mon passage, et enfin, j’ai même eu droit à des jets de cailloux de la part d’enfants présents dans une cour de récréation. Oui oui, véridique. Finalement, j’ai fini par attacher mes cheveux pour être tranquille et ne pas passer des vacances trop pourries à cause de ça. Vous savez peut-être aussi que j’ai vécu un week-end compliqué à Bruxelles, il y a quelques mois. Bref. Même des endroits géographiquement proches et cosmopolites peuvent s’avérer hostiles pour moi.

Finalement, ça s’est très bien passé en Thaïlande. J’ai été véritablement tranquille pendant deux semaines. Enfin, y’a eu des réactions hein (y’en a toujours) mais elles ont été positives et peu nombreuses : les gens me souriaient, me balançaient des « love your hair » et ça s’arrêtait là. Si regards il y a eu, ils ont été discrets, rien à voir avec le Sri Lanka, par exemple.

Le seul problème est survenu au retour. Dès l’aéroport de Phuket, l’ambiance autour de moi a changé. Les gens me regardaient énormément. Et ça, ça a véritablement sonné la fin des vacances. Je me suis alors rendue compte que je passe de très mauvais moments dans les endroits blindés de touristes.

Quand je vis ces situations, je deviens très agacée, agressive, je surveille tout le monde de peur d’être prise en photo à mon insu : bref, je me déteste. Je ne sais pas encore gérer et vivre « sereinement » ces moments-là. Une personne ou deux, c’est facile à ignorer. Mais quand le phénomène est généralisé, que chaque fois que vous levez la tête vous surprenez quelqu’un qui vous fixe, et que vous ne pouvez rien faire pour vous soustraire à ces regards, ça devient (très) compliqué. Cet état de fait a provoqué deux évènements au sein de l’aéroport de Phuket.

D’abord, j’ai eu une altercation avec un groupe d’ados. Alors que je m’approchais d’eux, j’ai vu qu’ils me regardaient de loin. Depuis que les gens m’observent plus dans la rue du fait de ma coupe et de la nature de mes cheveux, j’ai développé une sorte de radar. Je peux tout de suite repérer les personnes qui vont « poser problème ». Voyant que j’arrive vers son groupe, l’un des jeunes entreprend de sortir son téléphone de son sac à dos. Le voyant faire et devinant qu’il va sournoisement me prendre en photo sans me demander la permission, je décide de faire un truc auquel j’ai déjà pensé mais que je n’ai jamais fait : me planter devant lui en lui adressant un doigt d’honneur. Il relève la tête, me voit, baisse son portable mais là je lui dit de la prendre sa foutue photo. Rien de tel pour immortaliser mon mépris pour sa personne après tout. Il a pris sa photo. Ensuite, j’ai continué mon chemin en l’insultant dans ma barbe. Je ne regrette pas mon geste même si je pense qu’il y a d’autres façons, plus intelligentes, moins agressives et peut-être plus drôles de gérer la chose. Car c’est à moi que ça porte préjudice, c’est moi que ça met en boule. Et j’en ai marre que des étrangers aient ce pouvoir sur moi. Marre de subir.

À l’aéroport d’Abu Dhabi, j’ai fait un truc que je regrette, pour le coup. Alors que j’allais embarquer dans le vol pour Paris, une petite fille est venue me voir et m’a demandé de faire un selfie. Sans même la regarder (et réfléchir) lui ai répondu un « non » abrupte et blasé. J’ai été surprise et pourtant la réponse est sortie : violente, automatique. La petite est partie aussi vite qu’elle était arrivée. J’ai dû embarquer tout de suite, mais si ça n’avait pas été le cas, je l’aurais rattrapée pour lui demander pourquoi elle voulait cette photo, je lui aurais parlé. Je l’aurais pas envoyé bouler comme une vieille chaussette. D’accord, j’avais un bateau, un bus, un taxi et deux avions dans les pattes. J’étais fatiguée, énervée par tous les comportements et regards que j’avais dû essuyer jusque-là, reçus encore plus violemment que d’habitude parce ce que j’avais été tranquille pendants deux semaines… N’empêche, cette gamine n’avait pas à payer pour ça, ce n’était pas de sa faute. Mais pas de chance, elle a été la goutte d’eau.

Bref, je vous raconte ces anecdotes qui m’ont marqué parce que malgré le fait que je rencontre souvent ce genre de situations, je ne parviens toujours pas à gérer les réactions engendrées par ma coupe et mes cheveux : soit je pleure, soit j’ai envie d’insulter tout le monde. Je n’ai pas trouvé la parade. Pourtant, il va bien falloir trouver une solution parce qu’il est hors de question pour moi de changer. J’adore mes cheveux, je m’aime comme je suis et je suis triste de ne pas pouvoir me balader dans la rue, sans être, parfois, harcelée de regards. J’ai besoin de trouver la clé pour calmer le jeu et manifester mon mécontentement, sans me mettre en colère. Car c’est un truc qui me bouffe. Vraiment. Je ne peux juste pas continuer comme ça. J’imagine que l’idéal serait de trouver un moyen pas agressif mais ferme de remettre les gens à leur place, et ce sans passer pour une garce, si possible. Quoique, tant pis si je dois passer pour une garce… Il faut que je me protège.

Est-ce que vous aussi, vous avez parfois du mal à gérer vos émotions, votre colère ? Si vous avez des tips qui vous ont aidé (des livres, une pratique ou autre) dans ce domaine, je suis preneuse ! Dites-moi tout en commentaire j’ai vraiment besoin de vous !

3 commentaires sur “Cheveux : gérer la colère

  1. J’ai pas de tips à te donner, la situation me fou aussi en rogne comme c’est pas permis. On me fait rarement des remarques sur mes cheveux parce que j’ai un afro beaucoup plus court que le tiens – et moins bien entretenu aussi j’avoue. Mais les rares fois où ça m’est arrivé c’était bizarrement pas à l’étranger, au bout du monde mais avec des gens lambda, dans des endroits lambda qui avaient des réflexions ou des comportements vraiment déplacés.

    Je suis HEUREUSE que tu parles de ce sujet sur ton blog. Parce que j’ai souvent l’impression de devoir mettre une soupape de bienveillance dessus et ravaler ma colère pour moi parce que les gens ne comprennent pas quand tu t’énerves pour une histoire de cheveux.

    Donc câlins par télépathie et merci de t’exprimer dessus. Tu es une réelle inspiration au quotidien.

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    1. Merci mille fois pour ton commentaire Clea ! Tes mots me touchent vraiment vraiment. La soupage de bienveillance dont tu parles, c’est tout à fait ça, et c’est juste pas possible. Les victimes doivent ménager les agresseurs. Avant, je réagissais comme ça, gentiment, sans m’énerver, pour ne pas brusquer les gens… Je m’en voulais de réagir de façon colérique et agressive mais ces remarques, ces regards appuyés, c’est très violent, c’est dur à encaisser… Il faut que les gens comprennent, que ça se sache. C’est pour ça que j’en parle ici ❤ Alors on en lève la soupape, et on se défend quand la situation nous dérange !

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