Charlotte a des cheveux

« On a commencé à me défriser
les cheveux avant le collège,
en CM1, CM2 je pense. »

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Charlotte, j’ai 28 ans, je suis originaire de Côte d’Ivoire, du coup je suis métisse française-ivoirienne. Je suis consultante dans le secteur du digital.

Peux-tu décrire ta coupe de cheveux actuelle ?

Aujourd’hui j’ai les cheveux courts et bouclés.

Peux-tu nous raconter ton parcours capillaire, de ton enfance à aujourd’hui ?

Petite, je vivais en Afrique, ma nounou me tressait beaucoup. On a commencé à me défriser les cheveux avant le collège, en CM1, CM2 je pense. Du coup au collège et au lycée, j’avais les cheveux complètement lisses. Je ne me souviens pas d’être allée à l’école avec les cheveux bouclés. En venant en France, j’avais encore les cheveux lisses, et je crois qu’en 2013-2014, j’ai commencé à en avoir marre. Mes cheveux étaient abîmés, ça me fatiguait de devoir toujours les lisser, j’ai eu un trop plein. Et là, comme beaucoup de personne, j’ai commencé à regarder des vidéos Youtube. J’ai été attirée par le fait de ne plus avoir à m’en faire pour mes cheveux. J’avais 24 ans et j’étais épuisée. Je suis très impulsive, donc un soir j’ai pris une paire de ciseaux et j’ai tout coupé. J’en avais marre. Après mes cheveux étaient vraiment très très courts. C’était trop bien. Je me trouvais plus femme…

Ah c’est marrant que tu dises ça parce la femme féminine par excellence, on l’imagine souvent avec des cheveux longs…

Moi je trouve que ça fait sérieux, mature, moins adolescente. J’ai trop aimé cet aspect-là. Tout à coup, j’ai respiré avec les cheveux courts. Et j’adorais les coiffer avec du gel, ça faisait de belles bouclettes. Après le big chop, mes cheveux ont commencé à pousser et un jour j’ai fait l’erreur d’appliquer un produit qui aidait à lisser les cheveux, mais c’était pas un défrisage. En fait je voulais faire comme Rihanna, sauf qu’elle, c’était une perruque. Une partie de mes cheveux est restée un peu lisse après ça. C’était joli, c’était lisse et court, comme ma maman, ça faisait femme ! À l’époque je ne pensais pas encore que les cheveux bouclés étaient classes. Alors que les cheveux lisses et courts, pour moi, c’est sophistiqué. Mais bon, ce produit a un peu ruiné tous mes efforts. Quoique, à l’époque mon big chop n’avait pas pour but d’avoir des cheveux bouclés…

Pas de démarche consciente de retour au naturel alors ?

Non, j’en avais juste marre. J’avais pas cette obsession des jolies boucles, j’en avais juste marre de peigner mes cheveux. Le lissage demande des efforts, c’est fatiguant.

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« Maintenant, comme en France, le défrisage est de plus en plus remis en cause en Afrique. »

 

Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où tu as décidé de couper, et le moment où tu es passée à l’action ?

Un jour. Je suis impulsive (rires). Et depuis, je coupe régulièrement, c’est quelque chose qui ne me fait pas peur. J’aime bien les cheveux courts et changer de tête. Sois je tresse, sois je coupe, sois je fais une coloration… L’avantage des cheveux courts, c’est le stress en moins. De ne plus avoir à acheter 1000 produits, c’est bien. On a une pression de ce côté-là, pour les cheveux afro.

Je te rejoins là-dessus. Je me sens assez nulle à côté des nanas qui ont 15000 produits dans leur salle de bain… Je voudrais revenir sur le fait que tu aies grandi en Côte d’Ivoire. Le rapport aux cheveux est-il le même qu’en France ? Est-ce que là-bas, tu pourrais porter tes cheveux courts comme en France ?

Dans les années 90, c’était comme en France, on était tous défrisés. Maintenant, comme en France, le défrisage est de plus en plus remis en cause en Afrique. Mais ce qui est marrant, c’est que ma grand-mère portait ses cheveux naturels, je ne l’ai jamais vue avec un tissage ou une perruque. Je ne sais plus dans quel livre j’ai lu qu’en fait, nos grands-parents, ils portaient leurs cheveux naturels. Mais la génération de nos parents lissaient. On est nés là-dedans. Pour nous, c’était pas toléré d’aller à l’école pas défrisé.

Justement, comment tu décrirais ton rapport à tes cheveux, dans ton enfance ?

Ça me faisait mal quand on me tressait. J’ai été traumatisée (rires), c’était pas un bon moment. Je pleurais tout le temps. On m’engueulait parce que je ne me peignais pas les cheveux. Mon père m’a même fait couper les cheveux un jour, parce qu’il en avait marre. Et moi j’en ai pleuré. Et après, très vite, on m’a lissé les cheveux. Je subissais. Les cheveux que j’avais, c’était pas peigné… On disait que le cheveu long et naturel c’est compliqué à entretenir, du coup, je pense que c’est aussi pour ça que j’aime avoir les cheveux courts. Je pense que ça a un rapport. Je n’arrive pas à entretenir mes cheveux quand ils sont longs, j’ai trop la flemme.

Donc pour toi, avoir les cheveux longs et naturels, c’est difficile ? C’est forcément beaucoup d’entretien ?

On me forçait à me lisser les cheveux tout le temps comme ça je n’avais pas à les entretenir. Mais au collège, on était tous comme ça. Il n’y avait pratiquement aucune métisse qui avait les cheveux bouclés à l’époque. Ça a commencé plus tard. Moi je m’attachais les cheveux parce que c’était plus pratique. Et puis ensuite, plus de filles ont eu les cheveux bouclés. Je passais à côté d’elles, mais je ne m’en rendais pas compte. Je ne me disais pas « Ah je vais faire comme elle ». Et au lycée, j’alternais entre lisse et bouclé, je changeais de coiffure.

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« J’enviais ma maman, et le peu d’amies blanches que j’avais. Moi aussi je voulais avoir les cheveux lisses. »

 

Et par rapport aux autres femmes blanches de ton entourage ? Est-ce que tu enviais leurs cheveux lisses ?

Ah oui oui oui ! Surtout ma mère. C’était ma première cible. Je voulais avoir les cheveux lisses comme elle. Je voulais être comme elle et comme mes Barbie qui étaient blanches, blondes, aux yeux bleus. Elles ne me ressemblaient pas du tout. J’enviais ma maman, et le peu d’amies blanches que j’avais. Moi aussi je voulais avoir les cheveux lisses. Inconsciemment, c’est vrai, je les enviais trop. Mais celle que j’enviais le plus, c’était ma maman. Elle m’engueulait parce que je ne m’occupais pas de mes cheveux ou que je pleurais quand on me tressait, mais moi je lui disais « Toi et moi on n’a pas les mêmes soucis, moi aussi je voudrais avoir des cheveux comme toi, où y’a rien à faire. » Ma mère s’en foutait, elle n’a pas prêté attention à ça. Elle n’a jamais touché mes cheveux, c’était ma nounou qui me peignait. Ça fait 30 ans qu’elle vit en Afrique, mais ma mère n’a jamais compris que c’était dur pour moi. Elle a juste payé quelqu’un, elle n’était pas du tout dans une problématique de cheveux. Du moment que j’allais à l’école et que j’étais peignée, elle me laissait au soin de ma nounou.

Tu lui en veux ?

Pas du tout.

Tu lui en as déjà parlé une fois adulte ?

Non pas vraiment. Dès que j’ai les cheveux un peu longs au naturel, elle dit que ce n’est pas peigné. Et moi je lui dit « Non, c’est pas vrai, on n’a juste pas les mêmes cheveux. » Après 28 ans, elle se rend toujours pas compte. Elle travaillait, on avait nos nounous… C’était pas une maman au foyer. Mais je ne me plains pas hein, j’étais bien comme ça. Je pense qu’elle se rend pas compte parce qu’elle s’est jamais occupé de mes cheveux. Elle n’a jamais été impliquée dans le processus des cheveux naturels donc en fait elle ne sait pas. Et ça l’intéresse pas plus que ça.

Te sens-tu à l’aise avec tes cheveux ? Aucun complexe par rapport à ça aujourd’hui ?

Non, là ça va. Je ne suis pas complexée, j’aime bien mes cheveux comme ça.

T’es contente d’avoir arrêté le lissage ?

Oui. Enfin le défrisant. Rien ne m’empêche de lisser de temps en temps.

Pourquoi tu es contente d’avoir arrêté le défrisant ?

Je veux pouvoir changer de coiffure quand je veux. Et le défrisage va m’empêcher de retrouver mes cheveux bouclés lorsque je le voudrais. Je veux pouvoir changer de tête n’importe quand.

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« C’est épuisant, moi ça m’épuise et m’énerve parce que spécialement en France, tu es dans la norme que quand tu as des cheveux lisses et c’est pas normal. »

 

Est-ce qu’il t’arrive qu’on te pose des questions ou qu’on te fasse des réflexions sur tes cheveux ?

En général, c’est des bons commentaires. Parfois j’ai des remarques de personnes blanches… Dans mon dernier boulot, j’étais entourée que de Blancs, de hauts cadres. Quand je me suis tressée, quelqu’un m’a dit : « Ah on s’est refait une décoration » (rires). C’est pas méchant… Mais ils savent pas de quoi ils parlent donc c’est des clichés, des clichés, des clichés… Moi je m’en fous, ça me fait rire. Dans leur tête à eux, on doit être formaté, ne pas sortir du cadre des cheveux lisses… Ah oui et y’a un autre truc qui m’avais marqué dans une autre entreprise. La boîte devait faire une présentation pour un client avec les photos des collaborateurs, et du coup, il fallait une photo de moi. Donc j’ai envoyé une photo où j’avais les cheveux super bouclés… À la place, ils ont pris une photo de moi où j’avais les cheveux lisses. En réalité, je ne sais pas si c’était vraiment volontaire, mais ça m’a marqué…

Justement, tu parles du cadre du travail. Tu travailles dans une grande entreprise, y’a des règles… Est-ce qu’il y a des coiffures que tu t’interdirais de porter au travail ?

À un entretien, j’éviterai de me tresser. Comme je suis coiffée là, ça va.

Du coup, pour toi le cheveu court c’est aussi une manière de montrer une image professionnelle ?

Oui oui tout à fait. Pour la boîte dans laquelle je suis actuellement, au début j’ai hésité à me tresser, mais maintenant je m’en fous. Parce que je veux être comme je suis et tant pis. J’ai attendu un mois quoi (rires). Une fois que je me sens bien, que j’ai rodé un peu le truc, je fais ce que je veux. En tout cas, le cheveu bouclé, je le porterai partout. Je peux rien faire de plus, c’est mes cheveux. Ils sont comme ils sont.

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Qu’est-ce que t’inspire le mouvement Nappy (natural and happy) ?

Je sais pas… Chaque personne a des objectifs différents. Quand on est à la Natural Hair Academy, ok on est tous naturels. Mais on n’a pas tous les mêmes objectifs à long terme, on n’a pas tous les mêmes raisons. Moi, mon premier big chop, c’est juste parce que j’en avais marre, mais c’était pas parce que je voulais retrouver mes cheveux d’enfant. Par exemple, toi tu as mis du temps avant de couper, et moi j’ai mis un jour juste parce que j’en avais marre. Mon deuxième big chop, c’était à cause de cette fameuse partie lisse qui ne partait pas, je voulais récupérer mes cheveux naturels.

Mais du coup, tu parlais de la NHA (Natural Hair Academy). Qu’est ce que ça t’inspire de voir tous ces gens qui retournent au naturel ?

C’est bien, c’est beau. Je pense que c’est très important de garder nos cheveux tels qu’ils sont parce que on est nés comme ça.

Peux-tu décrire ta routine capillaire en quelques mots ?

Depuis que j’ai coupé en août, je fais rien… Shampoing une fois par semaine. J’ai honte de le dire mais c’est tout. Je fais plus rien.

Pourquoi t’as honte de le dire ?

J’ai la flemme. Justement, j’ai voulu couper pour ne plus me soucier de tout ça. Juste faire le minimum pour qu’ils soient propres, c’est tout. J’avoue que j’ai arrêté d’acheter des produits. Quand j’avais les cheveux plus longs, ça demandait plus d’entretien. Pour que les boucles soient belles, il fallait mettre plus de produits… Là, ça fait des économies aussi.

J’ai l’impression que les gens qui ont les cheveux naturels doivent toujours avoir un objectif. On est toujours à la recherche de quelque chose. Les nanas sont souvent toujours en quête du produit parfait. Et moi je trouve ça dur. Parce que, quand tu te défrises, ton but c’est d’avoir les cheveux les plus lisses possible. Et quand ils sont naturels, ils faut qu’ils soient parfaitement bouclés… Finalement, nos cheveux, on les laisse jamais tranquilles. Malgré tout, les cheveux afro restent souvent une frustration, tu ne trouves pas ?

Oui c’est vrai. C’est pour ça que j’aime les cheveux courts. Plus long c’est différent, parce que la coupe est différente. Ça dépend de ce que tu veux. Et quand t’as les cheveux lisses, t’as la peur, l’angoisse, de la pluie, de la piscine. J’étais paniquée hein. Quand t’as les cheveux naturels, t’as pas l’impression, mais c’est un stress énorme qui retombe en fait. Énorme. C’est nous, on s’impose ça à nous-même en fait.

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Tu veux bien nous dévoiler tes produits stars ou tes astuces capillaires ?

J’ai pas encore trouvé le produit parfait pour obtenir l’effet que je veux. Les miens ne réagissent pas toujours de la même façon avec le même produit. C’est très frustrant, j’arrive jamais à refaire la même coiffure tous les jours sur cheveux bouclés. Quand tu veux des boucles bien, t’as du mal à trouver cette perfection. Tu paies des produits, tu les finis jamais. Du coup en coupant, j’ai arrêté de penser à tout ça. Je laisse juste pousser. Moi je pense qu’on a tous des cheveux différents, et que les produits ont des effets différents sur les cheveux. J’aime bien la marque TGIN (Thank god it’s natural), j’aime bien l’odeur, et ça va bien à la texture de mes cheveux. As I Am je pense que c’est mieux pour les cheveux plus crépus que les miens. Dans les produits pour cheveux afro, je trouve que c’est mensonger de dire que c’est pour « tous types de cheveux ». Pour moi, c’est pas possible. Je le sais parce que j’ai testé tellement de produits… Ce serait trop facile si effectivement tous les produits étaient adaptés à tous les types de cheveux. C’est dur pour les cheveux afro. C’est plus facile pour les cheveux des Blancs parce que y’a rien à modifier…

Même quand les cheveux sont naturels, on cherche a les modifier, donc en fait c’est jamais fini. On dirait que le naturel ne suffit jamais.

Oui mais parce que pour certains d’entre nous, les boucles ne sont pas bien définies… Moi mes cheveux au naturel, sont pas jolis quand je mets pas un produit dedans. Ils sont pas équitables, j’ai des cheveux qui font pas peignés… Malheureusement, je le dis hein : j’ai des cheveux naturels qui font pas peignés. T’as une différence entre les cheveux bouclés peignés et pas peignés. Y’en a qui ressemblent à quelque chose, ou qui font folle. Tu vois la différence.

Et qu’est ce que tu dirais à une personne qui a envie de revenir au naturel mais qui hésite ?

J’ai une copine à qui je dis souvent d’arrêter avec son fer à lisser. Je lui dit « Arrête de faire ça, tu abîmes tes cheveux ». Je lui ai dit de tout couper, que ce sera plus joli après mais elle veut rien entendre. Elle supporte pas l’image des cheveux bouclés. Elle veut que ça reste lisse. Après chacun fait ce qu’il veut. Chacun assume son côté Noir s’il veut. Pourquoi elle a besoin de se faire autant de mal avec ses cheveux alors qu’elle a des cheveux qui sont très bien de base ? Y’a la peur des cheveux courts, d’être moins jolie. Pourquoi t’as besoin de ressembler à un certain standard ? Pourquoi pour toi avoir les cheveux lisses, c’est la norme ? Pourquoi tu penses qu’avoir des cheveux comme les Blancs c’est être normal ? On t’a donné des cheveux, prend-les comme ils sont. Tu te feras moins de mal, c’est moins fatiguant. Et puis encore une fois, tu es née comme ça. Pourquoi se battre contre la nature ? C’est épuisant, moi ça m’épuise et m’énerve parce que spécialement en France, tu es dans la norme que quand tu as des cheveux lisses et c’est pas normal. Chacun est différent, on a tous des cheveux différents et ce qui est bien dans le mouvement Nappy ou à la NHA (Natural Hair Academy) c’est que ça te pousse à t’accepter comme tu es, ta nature. Et ça va plus loin que les cheveux, c’est ton identité en fait. Ça dit « Tu es belle comme tu es, tes cheveux sont beaux. » Il faut pas écouter les gens qui disent « T’as fait une décoration » ou bien « Tes cheveux sont pas peignés… ». C’est faux, ils sont comme ça. C’est juste que mes cheveux ne sont pas comme les tiens. Malheureusement beaucoup pensent comme ça, mais ils ne le font pas exprès, c’est pas méchant. C’est juste qu’ils ne connaissent pas, ils n’ont pas cette habitude de voir des cheveux comme les nôtres. Pour eux c’est pas peigné. Qu’est ce que tu veux que j’y fasse ? C’est mes cheveux qui poussent sur ma tête. En France, dans les milieux pro, quand tu veux un poste important, c’est compliqué. Mais c’est pas partout comme ça, c’est en France. En Côte d’Ivoire c’est différent, et je pense qu’aux États-Unis aussi, ça passe. Ils sont beaucoup plus avancés sur nous. Ils sont habitués. Les français sont pas forcément tous ouverts d’esprit, ils sont tous un peu dans leur petit monde. Alors quand ils voient quelque chose qui ne leur ressemble pas, pour eux c’est bizarre, ça n’a pas lieu d’être. C’est une « décoration » ou des dreadlocks (rires). C’est les clichés qui persistent.

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« Et je sais que ça n’aide pas de se soumettre à leurs exigences mais on n’a pas le choix. Faut bien vivre, faut bien avancer. »

 

C’est fort que tu dises que tu n’irais pas à un entretien tressée. Toi qui a déjà fait deux big chop…

Je m’adapte à mon environnement. Je m’adapte à la société. Pour les cheveux naturels, on est pas encore au stade de dire « Où on veut, quand on veut, tout est normal. » Et je sais que ça n’aide pas de se soumettre à leurs exigences mais on n’a pas le choix. Faut bien vivre, faut bien avancer. Et après, une fois que tu es rentrée dans la boîte, tu fais ce que tu veux (rires). Peut-être que quand je serai plus âgée, je m’en ficherais. Dans la confiance en soi, je pense qu’on évolue. Mais au début, tu t’adaptes à l’environnement dans lequel tu es. Ça dépend du travail que tu fais. J’ai une amie, elle est commerciale, et quand elle est arrivée dans son entreprise, jme rappelle très bien qu’elle devait lisser ses cheveux parce que, lorsqu’elle leur parlait, les gens étaient plus intéressés par ses cheveux que par ce qu’elle avait à dire. C’était une distraction, elle avait pas le choix. Maintenant ça va, elle reste au naturel. Mais avant, les gens ne l’écoutaient pas forcément. Ses cheveux naturels faisaient diversion. Pour eux, c’était curieux ou pas coiffé. Ses cheveux sont crépus-bouclés. Si le client pense que tes cheveux sont pas coiffés, tu perds en crédibilité. C’est triste. En interne, avec tes collègues, c’est différent, mais quand tu dois te déplacer pour aller voir des gens importants, tu peux pas te permettre. T’as pas le choix. Tu vas pas faire la rebelle, ça sert à rien, c’est ton travail. Alors tu te soumets. Si tes cheveux t’empêchent de travailler, t’es obligé de faire quelque chose. C’est triste tu vois.

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